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La modernité est constante et compulsive, elle ne produit pas de structure durable ou persistante, ses formes se modifient rapidement. La modernité inverse la hiérarchie de certaines valeurs aux aspects menaçants pour un marché qui se veut adaptatif. A la durabilité, aux traditions, la modernité préfère le temporaire, le flexible, l’immédiat. Le pouvoir qui était en France au XIXe et jusqu’aux années 1975 dans la nation et l’Etat est passé en partie dans le marché et les marques. L’influence de l’Etat se réduit, le contrôle et la maîtrise totale lui deviennent impossible. Quant à la nation, elle se dissout peu à peu dans la mondialisation et les communautarismes. Nous assistons au divorce de la politique et du pouvoir. Le pouvoir quitte l’Etat nation. Les moyens politiques comme la représentation parlementaire, le gouvernement territoriale… s’avèrent inadéquates sous la pression de la mondialisation pour comprendre et réformer la société ainsi que pour arraisonner le pouvoir. La politique et le pouvoir évoluent dans des sens opposés. Le pouvoir des marques internationales s’exerce sous un contrôle politique réduit tandis que les organes politiques eux, ne possèdent plus qu’un faible pouvoir. Ce terrain vague où les règles éthiques en dehors de la famille et de la religion sont absentes évolue vers une démocratie globale qui correspond à la globalisation des forces du marché. Elle engendre une uniformisation et s’accompagne d’un comportement humain prévisible, répétitif et routinier, qui finira par baliser le paysage et le rendre propice au développement du marché. Les nations ne sont pas pour cela vouer à la disparition mais la forme de notre encrage territorial souverain évolue vers une conscience planétaire pour lequel les règles ne sont pas éditées. On ne sait ce qu’elles feront de nos valeurs européennes comme les droits de l’homme, la liberté individuelle, l’égalité des sexes… mais il est difficile de solutionner des problèmes d’origines globaux par des réponses locales.
A lire : le sociologue et philosophe Zygmunt Bauman aux éditions Jacqueline Chambon.
Modernity is constant and compulsive; it doesn't construct lasting structures (its forms are adapted); these structures modify rapidly. Modernity overthrows many values which impede an adaptable market. Modernity prefers the temporary, the flexible and the quick-action to the durable and traditional.
The power which, in France in the XIXe century until the mid-1970s, was held by the nation and the State, has been transferred partially to the market and brands. The influence of the State is diminishing; it's becoming impossible for it to keep everything in control. As for the nation, it's dissolving gradually in globalization and the growing independance of communities.
We are witness to the split of politics and power. The nation State is losing power. The political means, such as the parliament etc. seem inadequate, under pressure of globalization, to understand and reform society or indeed to constrain power.
Politics and Power are evolving in opposite ways. The power of international brands is subject to less influence from political control, since political organizations are in possession of a weakened power.
This no man's land, where rules of ethics are missing, except for example in family and religion, moves toward a global democracy which corresponds with the globalization of market power.
This situation fosters uniformity, meaning that human behavior becomes predictable, repetitive and routine which will pave the way for, and eventually facilitate market development.
Nations won't disapear in consequence of that but the boundaries of sovereign territory are evolving towards a global consciousness for which no laws have been created. We don't know what will happen to our european values, such as human rights, freedom of the individual, gender equality... but it is difficult to solve problems which originate globally with local answers.
Refer to : The sociologist and philosopher Zygmunt Bauman at Jacqueline Chambon.
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